Parce que Je Suis Fanée
9 décembre 2018

Changeons-nous vraiment au fil des années ?

On se rapproche de la fin de l’année, nombreux sont ceux qui prennent des nouvelles résolutions comme à chaque anniversaire et pourtant ne les respectent pas. Car la plupart de nos résolutions ne dépendent pas forcement de nous, mais de la vie qui nous emporte, malgré nous dans ses torrents. Agenouillés, nous prions le Ciel d’avoir assez de force pour pouvoir nager, quand elle se décidera à nous faire avancer même si c’est à contre-courant.

Quand j’y repense, certains diront peut-être que mes dires sont prétentieux, car trop jeune pour le dire ou trop jeune pour connaître la vie. Mais je reviens quand même de loin. Toutefois cette année, entre chocs, déceptions, blessures, trahisons, échecs, pertes humaines et j’en passe, je me suis rendue compte que j’étais devenue plus forte que je ne le pensais et surtout que j’ai su apprendre à pardonner pour avancer.

Mon  coup de massue a été la perte de mon Papa.

Comme si je n’étais pas déjà fragilisée, dépressive, anxieuse, sans compter ma santé fragile, il a fallu que j’enterre mon père. Je n’en reviens toujours pas. Hélas, que pouvons-nous face à  la volonté divine ?

Malgré tout, j’ai eu de très belles rencontres, des joies,  des bonheurs immenses, des éclats de rires qui donnent mal au ventre, des « bad trip », des expériences inoubliables et surtout beaucoup d’amour venant de mes proches.

On cherche tous la même finalité dans la vie pour être heureux : Mariage, Maison, Voiture, Enfants, Travail… Mais est-ce la définition du bonheur ? Serions-nous réellement heureux après avoir eu tout cela ou sentirions-nous encore un vide ?

Lorsque nous en serons arrivés à ces étapes, après avoir peut-être laissé filer l’amour de notre vie, le travail de nos rêves, après des sacrifices inavouables, nous réaliserons que nous nous sommes contentés du minimum pour se glorifier d’avoir une vie paisible.

Mea culpa. Me voilà jugeant le bonheur des autres. Pourtant je sais que c’est un sentiment si abstrait et personnel.

Au fond, les individus ne sont-ils pas les seuls à pouvoir ressentir leurs douleurs, leurs déceptions et leurs joies ?

Nous devons accepter alors que nous ne pouvons pas forcément comprendre leurs réactions face aux situations qu’ils traversent.

Je comprends les suicidaires, les drogués, les alcooliques, les « fous », je les comprends tous. Le suicidaire lui, n’est pas faible. Bien au contraire il faut un courage de lion pour oser s’ôter la vie , pour tout abandonner en laissant derrière nous des personnes dans le doute, dans la douleur de n’avoir rien pu faire, de n’avoir rien vu venir. Je me dis que c’est un stade où, plus rien n’a de l’importance à nos yeux à part cette terrible souffrance. Celle que l’on ressent et, qui nous comprime le cœur, qui nous fait penser que la seule solution c’est de partir loin.  Celle qui nous pousse à tout couper,  comme lorsque l’on éteint la dernière bougie de la cave.

Pour les drogués, alcooliques, toxicomanes, ils sont juste incompris. Pour la plupart du temps, c’est un moyen pour eux de s’évader, d’être eux-mêmes un laps de temps, de planer, d’oublier et d’être tranquille. C’est le seul moyen qu’ils ont trouvé pour faire le vide dans leur tête. Je ne les défends pas, loin de là, car c’est aussi, un moyen pour se détruire, mais je ne les juge pas non plus. On est tous accro à quelque chose, et peut être que leur drogue à eux est juste beaucoup plus forte.

Certaines personnes sont tellement SEULES. Elles souffrent en silence derrière les rires les plus bruyants, les sourires et l’excès d’énergie alors que tout cela n’est qu’une mascarade pour évacuer sa peine.

Nous portons tous des masques et je me demande, au final, est ce qu’on les laisse vraiment tomber un jour ? 

Maryama

« Où se trouve notre part de vérité, lorsque tout au long de notre vie, nous nous mentons à nous-mêmes ? Nous ne sommes finalement que de piètres et pitoyables comédiens dans cette immense mascarade qu’est la vie.

Portant des masques, jouant si mal la comédie des sentiments, des tours et des attraits, de la sociabilité feinte, pensant berner notre monde, alors que nous ne leurrons que nous-même. 

Même seuls sur une île déserte, nous serions capables d’haïr notre propre solitaire compagnie et de nous dire  »et pourtant je m’aime ».  Ces mots de Djigane me poussent à retirer le masque.

Ma vie a toujours battu au rythme de ce cycle : Croire en soi, s’aimer, s’estimer à sa juste valeur, s’apprécier, vivre l’art d’apprécier la vie, tomber, se relever,  s’accrocher, tituber et avancer de plus belle. S’arrêter, sourire, respirer, aimer, partager et s’oublier. Recommencer ce cycle.

Cette année, je me suis rendue compte que ce n’est pas sur un coup de baguette magique que le cycle fonctionne de nouveau. « La douleur exige d’être ressentie » et j’ai vraiment connu la véracité de ces mots quand j’ai été au plus bas de ce cycle. Je n’ai pas décidé de me relever sur le coup. Je n’en avais même pas la force.

Cela demande une évaluation de la douleur sur une échelle allant de 1 à 10 comme avec Hazel Grace (cc nos étoiles contraires). Sauf que là tu ne peux pas dire 8 ou 9 quand tu es à 8 ou 9 car tu te dis que l’amour ne peut blesser une personne aussi forte que toi, qui a vécu misère et exclusion sociale, sans oublier que toi aussi, tu portes un masque.

J’ai connu des nuits noires, nuageuses, remplies de vents mais sans souffle paisible.

Des sanglots orageux, brisant le calme stoïque dans lequel, mon cerveau s’imbibait des lambeaux de nos échanges d’antan.

Ah Que de gros mots pour cacher une douleur immense ! Serait-ce le cachet capable de faire taire mes souffrances?

Ma maladresse linguistique serait-elle si ancrée dans mon esprit qu’il m’est impossible de dire de façon accessible, candide, simple que « j’ai eu mal »? 

Ou plutôt ma douleur annihilerait-elle mes capacités oratoires me dotant ainsi d’une langue de bois?

J’ai connu une tempête, tempête à laquelle je ne pouvais m’attendre.

De loin, elle me voyait sous l’emprise de vieux démons. Elle a vu des orages planer au-dessus de ma tête. Habilement, elle m’avait suggéré des moyens de protection. Au fur et à mesure, elle a voulu me servir de refuge. Comment une tempête aurait pu m’abriter de ces orages? 

A l’époque, je ne voyais pas le paradoxe qui dansait sous mon nez. Ma naïveté ne me permit de comprendre que c’était une tempête et non un arc-en-ciel.

Mais enfin, trêve de métaphores et de figures de rhétorique. Me voilà encore essayant de fuir le fond de ma pensée en usant sans outrance de la beauté de la langue de Molière.

Je me suis brisée. Voici les mots qu’une voix dans ma tête me murmurait. J’ai décidé de tout plaquer pour ma propre survie.

Ainsi durant une bonne partie de l’année, j’ai  titubé, ravagée par mes sentiments personnels.

Comme si cela ne suffisait pas, j’absorbais telle une éponge ceux des autres.

J’ai côtoyé des âmes errantes qui vivent encore l’exclusion sociale et survivent grâce à de fortes doses de drogue et de sexe. Défoncés, ils m’ont confié une infime parcelle de leurs vécus ou peut-être, ils se sont vraiment déchargés. Les émotions qu’ils me laissaient, que je revivais dans ma solitude, me défonçait aussi.

Dans des cadres moins austères, j’entendais aussi des histoires effroyables. Je priais pour qu’elles se limitent à des rumeurs. Malheureusement, elles étaient bien fondées et les ressasser dans ma solitude, me défonçaient de peine aussi.

Fortuitement, j’ai aussi rencontré des personnes à des moments où, des humains les avaient sciemment dépouillé de toute dignité, souillé leurs corps. Certes, elles ne sont pas indemnes mais elles pansent du mieux qu’elles peuvent leurs blessures.

At the End of the day, ces expériences m’ont appris à articuler une nouvelle réflexion sur les orientations de ma vie, mes projets et surtout à retirer les masques pour croire en soi, s’aimer, s’estimer à sa juste valeur, s’apprécier, vivre l’art d’apprécier la vie, tomber, se relever,  s’accrocher, tituber et avancer de plus belle. S’arrêter, sourire, respirer, aimer, partager et s’oublier. Recommencer ce cycle car oui, nous continuons à apprendre et espérer après chaque expérience négative, car oui nos rêves en deviennent encore plus fous !

Rokhaya NGOM

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5 Comments

  1. CF dit :

    Maa Shaa Allah
    Bonne année , mes meilleurs vœux Minnerva.

  2. gorgol dit :

    Un texte qui vient à son heure! Tellement puissant et plein de vérités!
    Belle plume Rokhaya!
    Bonne continuation

  3. Rose Dieme dit :

    Oh lala ma puce laf thiate à toi
    On t’adore

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