Que l’éducation redevienne un droit inhérent aux enfants et jeunes

Illusion
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Respirant l’innocence de sa jeunesse, « celui qui ne parle pas » est une frêle enveloppe à aimer, chérir et protéger.

La convention internationale relative aux Droits de l’Enfant reflète par son essence que l’enfant est un être ayant des droits et une dignité.

Dignité perdue parfois arrachée à des millions de créatures si vulnérables qui se retrouvent dans des environnements précaires contraire à leur épanouissement.

Droits ignorés ou pire bafoués par ceux en qui ils devraient voir des remparts.

Et pourtant ils leur ont dit qu’ils avaient :

  • Le droit d’être protégé contre toute forme de discrimination en raison de sa race, de sa religion, de son origine ou de son sexe
  • Le droit d’avoir un nom et une nationalité
  • Le droit à une alimentation suffisante et saine
  • Le droit d’être soigné(e) et de bénéficier de soins et de traitement adaptés à l’âge
  • Le droit d’être nourri, logé et de grandir dans de bonnes conditions
  • Le droit de jouer, de rire, de rêver
  • Le droit d’accéder à l’information, d’exprimer son avis et d’être entendu
  • Le droit d’être protégé de la violence et de l’exploitation
  • Le droit à une protection spéciale pour tous les enfants

Et surtout le droit à l’éducation, « l’arme la plus puissante pour changer le monde » selon le père de la nation sud-africaine !

Dires aisément compréhensibles dans la mesure où l’éducation pourrait être le vecteur de paix et de cohésion sociale. Elle développerait aussi les talents et compétences. Fédératrice, améliorant l’employabilité et la promotion de l’équité des genres, des races, elle serait un outil face à la crainte de l’autrui et des différences qui est source de discriminations malsaines pire perverses.

Je ne pourrai tarir d’éloges à son égard.

Malheureusement dans certaines contrées du monde, de l’Afrique, elle a été et est encore un luxe pour certains enfants.

J’ai vu une tante se refuser l’accès à l’éducation car elle avait « moins de chance pour réussir » que ces frères. Peut-être que si elle avait pu jouir de son droit, aujourd’hui elle sauverait des vies.

J’ai fait la rencontre d’un groupe de jeunes, comme moi, qui a marché des milliers et des milliers de Km pendant des années pour pouvoir réclamer la même place que moi. Toutefois les moins braves ont eu les jambes brisées. Au loin, j’aperçois une fumée épaisse sortir de leurs têtes. A présent, leurs rêves qui emplissaient leur corps de volupté, s’échappent en brûlant tout sur leur passage. D’autres, des filles qui prenaient part à la marche rude mais prometteuse du groupe, ont fini dans les bras de leurs oncles et pères !

Et pourtant des adultes ont voulu tous les mettre à l’école sans que l’école n’ait été prête à les accueillir tous.

Ainsi j’ai « entendu » une jeune sourde muette m’avouer qu’elle aima l’école mais que celle-ci fut une amante infidèle.

J’ai aussi croisé le regard d’un enfant. Il n’était ni vide ni joyeux encore moins pétillant. Il était larmoyant. En lui donnant le sein, sa mère lui chantait des berceuses dans sa langue maternelle si douce. Le premier mot, qu’il assimila, fut « na ». Aujourd’hui tandis qu’il cherche encore ses repères, il vient d’entendre le mot « transcender ». La peur de ce mot a rempli ses yeux de larmes.

Toutes ces petites histoires ne représentent exhaustivement les gangrènes de notre chère Arme.

Conscients des enjeux auxquels fait face cette dernière, des acteurs aussi divers que les doigts de la main s’engagent et se battent ensemble pour relever les défis rattachés à l’éducation.

Lors de la conférence du partenariat mondial pour l’Education qui s’est tenue à Dakar, il fallait faire comprendre aux décideurs politiques, aux bailleurs de fonds étatiques à quel point il est crucial et primordial d’investir dans l’éducation.

Cela ne veut pas dire, contrairement aux idées reçues, que la France financerait l’éducation du Sénégal ou d’un autre pays africain. L’aide perçue dans certains secteurs est un appui au développement et ne peut nullement être le moyen de développement des pays bénéficiaires. Il ne s’agit pas d’adopter une position de flemmard, être posé comme une fleur et attendre de recevoir une assistance pour changer les choses.

A cet effet, des jeunes et des ONGs ont uni leurs voix pour défendre les causes de tous ces enfants pour qui l’éducation est un privilège et également proposer des solutions pour éradiquer les problèmes liés à l’éducation. 

A ma génération actuelle, ce combat pour améliorer l’Education est également le nôtre.

Qui peut dire mieux que nous ce dont NOUS avons besoin ? –  Déclaration de solidarité des jeunes lors de la conférence de financement du GPE

Nous allons prendre part à la lutte car nous avons besoin de créer un environnement économique pacifique pour éviter que la génération future n’emprunte ce sillage  …

C’est à nous de rappeler aux décideurs que nous voulons une école qui donne les mêmes chances aux enfants qu’importent leur sexe et/ ou leurs origines. Une école dans laquelle l’enseignement redeviendrait une vocation, où nous nous sentirons en sécurité physique et psychologique.

Celle qui promouvra la créativité artistique et le développement des talents intrinsèques des enfants.

Une école qui lèvera les barrières à l’accès à la technologie. Cette école qui deviendra de ce fait la belle illustration d’une répartition équitable des richesses dans notre société.

Rokhaya NGOM

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8 Comments

  1. Yvette AS dit :

    Je trouve que cet article est merveilleux. Ce message devrait être plus souvent partagé afin de changer l’avenir de ces enfants à qui on arrache leurs droits.

  2. aba dit :

    Belle plume.
    Ce riche plaidoyer qui porte la voix des sans voix fera jespere le tour du monde pour sensibiliser d’avantage sur l’importance d éduquer la jeunesse.🤓✍🏽👍

  3. Sadikh KEBE dit :

    Maa chaa Allah, bien dit et beau texte… belles paroles.

  4. Excellent article chère amie. L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde disait Mandela. Plaider pour une école meilleure, c’est plaider pour un avenir meilleur qui garantit l’égalité des chances et la promotion de la compétence…

  5. Bello dit :

    Très beau texte. Nous ferons de belles choses pour les enfants du monde

  6. Abdoulaye Gueye dit :

    Merci pour ce cri du coeur Princesse Utamu. Ce message devrait être lu plus particulièrement au gouvervement Africain. Encore merci de faire l’empathie des choses. J’aime beaucoup ta plume Machallah et bon courage

  7. Nahissa dit :

    Très bon article tout mes encouragements

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