Je suis un homme
11 septembre 2017
What do you have to know about your hair
12 septembre 2017

Mon nom est « Femme » et je vais vous raconter mon histoire. N’émettez aucun jugement car vous ne me connaissez pas. Pendant les minutes qui suivent, départissez-vous de vos idées reçues et vos aprioris sur moi.

Je n’ai pas d’introduction adéquate à ce sujet qu’est la féminité car je n’y ai jamais été initiée, personne ne m’a jamais dit comment m’y prendre. On m’a demandé de calquer un dessin pré existant en ignorant mes idéaux.

Elle était bien aimable et gentille cette fille avant ce revirement de situation. Elle était pourtant si bien éduquée et calme, douce. Quelle honte pour sa mère !

C’est surement ce qu’ils diront comme si ma mère s’appelait « Sainte Marie » et que mon second prénom était « Jésus ».

Ils ne me prennent pas pour une entité à part entière, je suis la fille de X, la nièce de Y. La notion de responsabilité est complètement occultée. Pourquoi ne pas juste penser que je suis maître de tous mes agissements et de ce fait responsable de toutes conséquences.

La question est la suivante : sachant que l’on se plaint sans cesse d’une société que l’on trouve trop patriarcale, pourquoi voulons nous persister à calquer le même dessin provenant du même artiste ?

Quel est le problème enfin ? me demande la société

Il est bien là le problème, sous nos yeux ou plutôt sur nos paupières puisque nous l’ignorons. Nous, nous sommes le problème. Le simple fait d’avoir des doutes sur l’existence ou non d’un disfonctionnement de notre part est un problème.

Je ne suis pas la parfaite belle fille car je ne me plie pas en quatre pour exécuter les ordres de ta mère ? En même temps le titre « belle fille » est-il adéquat lorsque les familles veulent des « bonnes ». Je ne cuisine pas par amour mais par nécessité. Je ne pense pas avoir la fibre maternelle, en suis-je pour autant moins femmes ?

Tu es une femme exceptionnelle n’en doute pas, je te demande pardon. J’ai trahi ta confiance et certainement brisé ton cœur. Ce n’était que l’histoire d’une nuit, tu n’étais pas là et après notre dispute j’étais complètement perdu, me disent les hommes.

-Alors pourquoi me donner l’impression de ne pas être suffisante.

 Prends sur toi ce n’est qu’un homme, c’est dans sa nature, me disent les femmes.

Tu ne seras une vrai femme que lorsque tu seras marié et aura des enfants, me hurle une vielle dame.

J’ai essayé de lui parler, à Société, mais elle ne veut pas de moi. Elle ne m’accorde aucune crédibilité et lorsqu’elle daigne baisser les yeux pour me voir elle pense me faire l’aumône

Tu n’agis pas comme une femme, c’est si décevant de ta part. Je t’ai pourtant bien dit comment faire, me dit Société avec dédain.

Sais-tu ce qu’est une vraie femme Société ?

Fait comme tes aînées ma petite, elles, elles ont appris.

Donc pour être une femme accomplie il me faudrait être plus souriante et plus aimable. Ne pas élever la voix et garder mes opinions les plus tranchées pour moi et aller dans le sens de la marche. Épouser un homme riche et peut-être pas forcement à mon goût pour avoir une certaine stature dans la société. Écarter les jambes même lorsque je n’en ai pas envie parce que c’est mon devoir ?

Exact ! dit-elle émerveillée . Pourquoi ne fais-tu pas çela puisque tu connais les règles apparemment.

Je ne suis pas cette « femme ».  Que  cela te plaise ou non. Je ne suis que mon instinct et laisse libre court à toutes mes émotions. Je pleure et hurle quand j’ai envie. Et m’allie à toutes choses pouvant m’octroyer un quelconque plaisir.

Tais-toi idiote ! Serais-tu un homme ? Car tu penses comme tel.

Non je ne le suis pas puisque je me demande encore si c’est la bonne voix que je suis, Tes hommes n’ont pas ce genre de doute n’est-ce pas.

A cause de celles que tu appelles femmes, tu nous crois depourvues de désir ou du moins nous oblige à nous comporter comme de petites prudes. Des terres pures que les hommes se font une plaisir  de labourer. Tu mens ! Je respecte toutes  femmes qui choisit de se préserver , je respecte également toutes femmes choisissant d’être active sexuellement. Elles  s’enferment dans des cases qui ne sont pas les leurs volontairement sous ta tutelle, c’est dingue !

Dans leurs belles petites têtes bien faites, elles espèrent pourtant que leurs futurs amants sachent s’y prendre et les fassent perdre la tête. Cela insinue donc qu’ils aient déjà découvert ce qu’est une femme avant elles. Les hommes quant à eux veulent une fille d’apparence sage devant les gens et prête à leur faire subir le porno le plus trash qu’ils aient jamais vu. Mais comment ? Puisqu’elles se seront obligées à inhiber toutes ces envies pour coller à la première image. Tu pousses à la schizophrénie quand même, Tu ne trouves pas ?

Jusqu’à quand ? Quand arrêteront-elles de jouer la carte de la crédulité et enfin s’imposer les mêmes règles que celles imposées aux hommes.

Tu fais de ma sexualité un tabou. Si aucun adulte ne donne d’éducation sexuelle aux filles comme aux garçons, nous nous imprègnerons de l’éducation sexuelle d’une autre culture différentes de la nôtre et nous deviendrons les marginaux. Tu nous répètes à longueur de journée que le savoir est la clé mais cette porte tu refuses de l’ouvrir ?

Au final penser de la sorte n’est qu’une expression du mépris que j’éprouve pour les conventions et inégalités, j’en ai conscience. A force de me répéter que je ne pouvais  pas j’ai voulu essayer. La rébellion plus que l’envie m’y a conduit. Même si je me pensais libre en agissant comme ça, au final ce n’était qu’une réaction juvénile à un problème d’adulte. Et devenant anti-convention je crée une norme. Une réponse automatique allant à contre-courant juste pour échapper aux règles. En définitif l’étau s’est juste resserrer autour de mon cou. On ne trouve pas de liberté juste dans la désobéissance car c’est tout simple le jeu d’action/réaction qui nous oblige à faire abstraction de nos profondes réflexions étant donné que la seule chose qu’on veut c’est être l’exception.

En devenant l’exception de certains je suis devenu la norme d’autres. Les angles d’observations sont limités. Nous ne fonctionnons qu’en deux dimensions, le reflet et son miroir, le blanc et le noir, le mal et le bien, la femme et l’homme et lorsque l’ordre des choses change, comme dans l’énumération précédente, quelque chose nous dérange. Nos réflexions sont binaires et les angles sont biaisés. Dans cette société j’étais hors normes car je ne suivais pas les miennes.

Mon nom est « Femme » et je vous ai raconté mon histoire.

 

Partage et laisse ton commentaire 🙂

Jerry Az
Jerry Az
Jerry Azilinon (mais appelez moi Jey, Jeje, Jeazy bref tout sauf Tom et Jerry), bah c'est moi. Je suis jeune, mignon (mais ça dépend). Ce que j'aime dans la vie ? Bon on va dire que j'aime la vie. J'aurais aimé être artiste mais je tiens à ce que mon nom reste sur la liste des héritiers de papa donc écriture et tout le tralala là c'est juste une activité pour meubler mon temps libre. Bienvenue dans mon univers...

Vas-y laisse ton commentaire