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11 août 2017
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18 août 2017

Au nom de l’amour, brisons les chaines de nos tares sociales.

Hi 🙂 Peps, j’espère que vous avez sorti les mouchoirs pour l’article précédent. D’ailleurs j’ai omis de le dédier à une personne.

Grâce à toi, je me rends compte que le hasard ne pourrait exister. Tu me fais rire, tu me nourris (c’est le plus important) et tu oses me dire la vérité. Merci devient ainsi un faible mot face à ta générosité sans limite.

Avoue que Cher (e) lecteur (trice), toi aussi tu aurais aimé connaitre quelqu’un qui te fasse des déclarations d’amour en public :-p . 

Mais enfin, partageons une petite histoire vécue par plusieurs personnes.

Ibou est un jeune homme plein de volonté et qui travaille dur pour s’assurer une réussite sociale.

Quand il était à l’université, il fit la rencontre d’une femme. Elle s’appelait Teug MBAYE. Elle avait un teint foncé, des yeux bridés et son corps respirait l’Afrique. La première fois qu’il l’aperçut, il fut subjugué par la beauté de cette dame. Elle n’était pas belle parce  que son esthétique rendrait fou n’importe quel homme. Elle était belle par sa façon positive de penser, par son rire authentique qui résonnait dans les cœurs. Teug était rayonnante grâce à ce regard. Franc quand elle parlait, brillant quand elle observait avec attention et amour la vie.

Ibou et Teug se lièrent d’amitié puis d’amour, passant de conversations banales remplies de politesse à des échanges interminables. C’est le genre de fille avec qui il pouvait parler de tout, de rien et surtout apprécier le silence. Elle le couvait telle une mère, lui donnait l’affection d’une amante et lui rendait l’innocence de son enfance tourmentée. Ils se mirent à rêver ensemble, à construire leurs ambitions communes. Lorsque l’un croyait être rejeté par la vie, l’autre le récupérait et lui rendait l’espoir. Jusqu’au jour, où la société rejeta leur amour !

Quand Ibou présenta TEUG MBAAAAYE à sa famille, celle-ci adopta le comportement hypocrite sénégalais du « MASSLA » en souriant à notre gente dame, en lui demandant des nouvelles de sa famille. D’une manière subtile, les tantes d’Ibou cherchaient à confirmer l’appartenance de Teug à une caste. Dès que cette dernière, pris congés de sa future belle-famille, ignorant tout de la déception qu’elle subira, Ibou se fit harceler. La mère, les tantes laissèrent fusèrent ces commentaires :

« Sama doom dou seey ak teug, geweul, niénio wala  balaa magnsa »

« Niooune ay buur laniou »

« Kéne douniou rakh »! ( Euskeuy dégeul meu li –‘ )

Le père impuissant face à la situation ne pouvait bénir cette union !

Pendant ce temps, d’innombrables unions venaient d’être célébrées dans différentes contrées du monde particulièrement dans notre continent. Ah chère Afrique ! Tes fils viennent de s’unir pour le meilleur et pour le pire.

Mais de quel fils parlons-nous ?

De cette pauvre fille du Niger, du Tchad, du Mali, du Mozambique, de l’Ethiopie, du Ghana, de la Guinée, qui n’a pas encore 18 ans ou  parfois n’a pas encore vu l’aube de ses 15 ans, qui entre à peine dans l’adolescence, qui rêve d’éducation, d’avenir professionnel qui épouse cet homme dont la tête a déjà des cheveux blancs ?  De cette fille, que je refuse de considérer comme épouse, « qui n’a pas encore fini de jouer à la barbie » et à qui la société veut faire découvrir le jeu des adultes ?

Ils te disent qu’ils ont peur que la honte s’abatte sur la famille si ces filles ne sont pas mariées tôt. Ils te disent qu’elles sont devenues adultes parce qu’elles montrent leurs premiers signes de puberté. Certains t’affirment que le mariage de ses filles est un salut pour la famille. Salut qui leur permettra de sortir des affres de la pauvreté pour gagner un nouveau rang social. D’autres prétendent,  ,en te fixant droit dans les yeux, que la Religion justifie la précocité des mariages !  Quel Blasphème !

Amis(es) lecteurs(trices), l’histoire d’Ibou et celle de nos filles-épouses est l’histoire de toutes ces unions brisées ou scellées à cause de croyances traditionnelles que je qualifierai de tares sociales .

Des traditions qui datent de nos arrières grands parents et que nos parents continuent d’appliquer par peur d’un regard social insensé, absurde et dénué de toute humanité. Notre société est malade de croire que l’amour ne peut se bâtir dans des rangs sociaux ou des castes différentes. Notre société est cruelle de prétendre  sauver nos filles et non femmes en faisant d’elles des offrandes. Oui je le pense et je le dis haut et fort, elles sont plus des sacrifices que des épouses. Plus de six millions d’enfants sont mariés et vivent en Afrique de l’Ouest. Ces filles sont exposées notamment à des grossesses pouvant entraîner des complications à la naissance allant même jusqu’au décès. Psychologiquement, je ne peux imaginer le calvaire qu’elles doivent vivre.

Toi qui lis cet article, saches que nous sommes tous interpellés pour résoudre ce problème. Il ne suffit pas que d’avoir des lois interdisant le mariage des enfants, il ne suffit pas que d’appliquer lesdites lois. Il faudrait que chacun apporte sa partition pour changer les mentalités existantes pour réduire le taux des mariages des enfants, pour freiner et pourquoi pas stopper ce fléau.

Si tu ne veux pas vivre la situation d’Ibou, si tu as la rage de voir aussi tes amis dans la même situation ou si tout simplement, tu désires que tes enfants grandissent loin de ces traditions que ton esprit ne pourra jamais tolérer, révoltes-toi et bannis de ton langage ces phrases dégradantes illustrant nos tares sociales, qu’ont connu Teug MBAYE, qui brisent des années de relation, d’investissement mutuel et de rêves. Elles font naître un sentiment de rejet social dans le cœur de toute personne à qui elles sont adressées.

 Refusons de semer la graine de l’amertume dans un cœur rempli d’amour.

Rokhaya

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14 Comments

  1. Aden dit :

    Très intéressant ??
    Les mots sont bien choisis, et cela traduit bien le quotidien du sénégalais casté?
    Châpeau??
    #Utamu

  2. Yvette dit :

    L’article est plein de sens.
    Merci Rokhaya
    L’Afrique a besoin d’ouvrir les yeux

  3. LillyDou dit :

    tres bien ecris les mots bien choisis.. je t’encourage..???? etant une amie d’une de tes tantes.. chapeau bravo a toi ??

  4. Mrs darcy dit :

    On ne peut comprendre tant qu’on ne l’a pas vécu peut être notre génération changera tout ça … espérons

    • Rokhaya Ngom dit :

      Je l’espère aussi. J’espère tant de cette génération Mrs Darcy que j’ai peur que cela soit trop lourd à porter. () Le pire c’est ceux de cette nouvelle génération qui refuse de se battre et vont même jusqu’à développer les mêmes croyances que leurs parents.

  5. Cheikh dit :

    Bien écrit et plein de sens Daba.jai aimé surtout la fin avec les solutions à ce fléau.bravo

  6. Khalyloudine dit :

    Ma Choc d’amour toujours si concise dans tes propos qui s’avère être la triste réalité de cette Afrique souffrante de plusieurs maux
    Continue comme ça suis toujours derrière toi

  7. Marieme S Ndiaye dit :

    Je n’aurais pas mieux detaillé. Good job girl, et surtout bonne continuation ??????

  8. Superbe article, j’ai vraiment aimé. Bonne continuation à toi

  9. […] ainsi que j’ai eu la force de vivre le pouvoir de l’amour, de vous demander qu’ensemble nous brisons les chaines de nos tares sociales. J’ai aussi eu le courage d’écrire une lettre à Usain Bolt, de vous dire sans gêne que je […]

  10. Khadimou Rassoul dit :

    Tres bien Rokhaya… en ce qui concerne les castes c’est vraiment navrant de constater qu’on utilise toujours ces stereotypes avillissants pour placer un groupuscule au dessus des autres. La noblesse d’Une personne se mesure a l’aune de ses qualites et de son humanisme. Je prend souvent l’exemple de l’accidentei qui a besoin de sang pour etre sauver. Ce dernier ne demandera jamais (sur son lit de mort) si le sang qu’on lui donne vient d’un tiedo d’un gawlo ou d’un gewele.

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